Chronique no 02 - Le Cadrage et l'exposition
Par Stéphane Vallières

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Veuillez noter que ces articles ont été vulgarisées sur le plan technique
afin de s'adresser au plus de gens possible.


Réponses aux questions du mois passé
Depuis la parution du premier article, j'ai eu quelques questions par courriel.

Je n'ai qu'un petit appareil photo numérique, est-ce correct ?
Pour faire une photo, ça prend un film (ou un capteur numérique) et de la lumière... Il est possible de faire une photo avec un bout de film collé dans le fond d'une boite à souliers que l'on aura transpercé au bout opposé... Oui, il y a des qualités et des catégories d'appareils photo, mais en bout de ligne, c'est plus «la facilité à prendre de belles photos» qui sera amélioré, et non la qualité des photos. Bien entendu, la qualité des lentilles, de l'éclairage, etc. jouent pour beaucoup, mais si on ne parle que des grandes lignes, c'est ça...

En fait, retenez ceci : Tout comme les voitures, les vêtements, les ordinateurs, etc., il y aura toujours le bon appareil pour la bonne personne... Si vous n'aimez prendre que des photographies dans les fêtes et avec les amis, une caméra numérique à 199$ est probablement idéale pour vous. Si vous voulez prendre des photos de courses automobiles ou de tennis, assis des les estrades, et voir parfaitement la balle ou les logos sur l'auto, nets, vous aurez probablement besoin d'un appareil de type Reflex numérique à 800$ et plus, avec un zoom à 1200$... Par contre, cet appareil, vous ne l'emmènerez pas dans les partys, car vous le trouverez trop gros ou trop lourd... Enfin, OUI, avec votre appareil à 199$ vous pourrez prendre des photos presque identique à l'autre, mais vous devrez acheter des billets "première rangée" pour être plus près de l'action, et vous devrez prendre 24 photos pour en avoir une avec la balle dedans à cause du délai de déclenchement (sur les petits appareils, remarquez qu'il se passe 1 seconde ou 2 avant que la photo soit prise, après que vous ayez appuyé sur le déclencheur, ce qui n'est pas le cas avec les appareils plus professionnel...)

Je veux prendre de belles photos, mais non devenir un professionnel !
La plus grosse différence entre quelqu'un qui prends de belles photos et un photographe professionnel, c'est que ce dernier gagne sa vie avec ça... On n'a pas besoin d'être un pilote professionnel pour conduire une voiture en ville, mais il faut savoir conduire par exemple :) Il y a des bases en photographie, comme dans n'importe quoi, et c'est ce que je vais essayer de vous montrer... Vous prenez ce qui vous intéresse...


1ere partie : LE CADRAGE

Nous allons voir comment faire de belles photos ! Mais premièrement, qu'est-ce qu'une belle photo? C'est difficile à répondre car tous les goûts sont dans la nature. Si on veut prendre des photos pour mettre dans son album de photos, pour soi, sans ne jamais les montrer à personne, vous êtes libre de faire ce que vous voulez... Mais si vous prenez plaisir à montrer vos photos à d'autres personnes et surtout, si vous aimez vous faire dire que vos photos sont belles (ou mieux : si vous prenez des photos pour quelqu'un d'autre...) vous devrez suivre certaines règles de base, sous peine que les personnes ne voient pas ce que vous vouliez montrer, qu'elles s'ennuient et qu'elles cherchent à fuir la maison dès que vous dites «ah, est-ce que je t'ai montrer mes dernières photos?»).

Aussi, ne confondez pas SUJET et RÈGLES... Il est important de trouver votre public... Vous aurez beau suivre toutes ces règles à la lettre, si vous faites seulement de la photo d'oiseaux et que vous montrez 64 photos de Pinsons des Îles à un ami branché qui n'aime que l'électronique et les ordinateurs...

Quand un photographe prend une bonne photo, il fait la même chose qu'un auteur qui écrit un livre... Il écrit une histoire et la raconte à sa manière... Le but, c'est que les yeux qui regarderont cette photo devront comprendre sans mot, cette histoire... Si vous devez vous asseoir à côté de la personne pour lui dire quoi regarder dans la photo, c'est raté...

Vous êtes dans une vaste plaine et tout ce que vous voyez à 30 km aux alentours, c'est de la verdure, du gazon et un champ de blé. Vous prenez votre caméra et prenez une photo de votre conjointe à 10 pieds de vous, avec en arrière plan, votre voiture avec la valise ouverte et le "cooler" qui dépasse... Jamais vous ne ferez comprendre à vos amis que vous étiez dans un vaste endroit dans la nature et que cet arbre, c'était le seul à 30km à la ronde... Prenez quelques secondes et composez votre photographie afin que les gens qui regarderont cette photo se sentent aussi "petit" que vous vous sentiez dans cet immense étendue de nature... Prenez un grand angle (le contraire du zoom) et posez la nature, le plus vide possible (puisque c'est le vide qui vous a émerveillé). Faites finir votre photo en panoramique ou du moins, plus grand qu'un 4x6, car c'est pas "vaste" un 4x6... vous voyez ? Vous DEVEZ retransmettre les sentiments que vous avez éprouvé à vos "lecteurs"...

Comment faire ? Voilà des règles et des exemples :

La règle des tiers :

Oubliez le centre de vos photos... Ne mettez plus rien ni personne là... C'est pas là que ça se passe... Regardez les publicités, les photographies de magazines, vous verrez que j'ai raison... Le photographe de la police vous placera au centre de la photo pour votre casier judiciaire, votre photo dans les pages de nécrologie sera probablement centrée aussi, mais ça s'arrête là. Pour qu'une photo soit intéressante à regarder, il faut qu'elle soit dynamique, il faut que justement, elle sorte du "moule" que l'on voit depuis plus de 100 ans...

L'oeil humain fait toujours la même chose quand il regarde quelque chose ou quelqu'un : Il cherche les bords. Portez attention à ça dans les prochains jours... Aussitôt que vous regardez quelque chose, vous cherchez à trouver les bords de cette chose là (où elle commence, où elle finit). Vous regardez quelqu'un dans la rue, vous allez rapidement regarder ses bras, ses pieds, ses cheveux... Votre oeil cherche à délimiter l'espace de ce qu'il regarde... En regardant une photo, votre oeil regarde donc les bords, ensuite il pénètre de plus en plus vers le centre, mais toujours en longeant les bords. Donc, si vous mettez votre sujet en plein centre de la photo, vous venez de le perdre.

La règle des tiers vient donc prendre avantage de ce fait. Placez les choses ou les personnes importantes dans vos photos sur un des tiers de votre photographie. Divisez votre photo en 3 parties de gauche à droite et de haut en bas (faites un jeu de tic tic toe dans votre photo, tel qu'illustré dans ces 2 photos). Tout ce qui sera sur ces lignes aura un plus grand impact dans votre photo. De plus, les intersections de ces lignes sont appelés les «points forts» et de ce fait, offre encore une plus grande attention de la part de ceux qui regardent. Enfin, le point le plus fort de ces 4 est, en Amérique du nord, celui en haut à gauche, puisque nous sommes habitué à lire de gauche à droite et de haut en bas.

Sur la photo de gauche, voyez comment l'arbre est collé sur la ligne du troisième tiers et comment j'ai placé le visage du sujet principal directement sur le point le plus fort de la photo.


Sur la photo de droite, les yeux tendent vers la ligne du premier tiers (vous n'êtes pas obligé d'être toujours direct dessus, car dans ce cas, j'aurais perdu les «lulus») et l'oeil de gauche est également sur une ligne de tiers.

À noter que certaines caméras maintenant offrent la possibilité d'afficher ces lignes de tiers dans le viseur ou sur l'écran, pendant que vous prenez votre photo, ce qui vous aide dans votre composition. Vérifiez votre manuel d'instruction, mais sinon, c'est quand même facile à imager dans sa tête.


Dirigez le regard de vos lecteurs :

Malgré l'oeil qui cherche les bords, vous pouvez dicter à ce dernier comment regarder votre photo. Sur les 2 photos ci-dessus toujours, voyez comment je dis à votre oeil quoi faire (maintenant, il est trop tard, vous avez déjà regardé les photos) mais vous avez probablement, dans le cas de la photo à gauche, regardé le visage en premier, car il est sur le point le plus fort de la photo, et ensuite vous avez regardé le chapeau et l'arbre car 1- ils sont très contrastés par rapport à la photo et 2- la tête de ma fille est tournée vers la droite de la photo, ce qui a dirigé votre oeil vers la droite... Dans la photo de droite, vous avez encore regardé la figure à cause du point fort, vous avez regardé les yeux pour la même raison et aussi à cause du contraste élevé (c'est la seule place dans la photo où il y a du noir) et vous avez ensuite regardé vers le champ, dirigés par la direction de ces derniers.

Regardez la photo ci-contre. Encore une fois, vous voyez l'horizon sur une ligne de tiers. Vous avez remarqué rapidement l'arbre qui est sur une ligne de tiers aussi, mais vous n'êtes pas resté là longtemps. Pourquoi ? Il n'est pas au focus (il est flou) et l'oeil aime les bords... Comme il n'y a pas vraiment de bords à quelque chose qui est flou, il est parti... Il y avait de belles grosses lignes noires dans la balançoire, pleine de bords à contempler... Vous avez fait le tour des marches de l'échelle, votre oeil a probablement même glissé dans la glissoire. Et pour finir ? Vous avez regardé le champ et l'horizon à gauche ainsi que le ciel vide, sans nuage... pourquoi ? Autre particularité de l'oeil... quand il a tout vu, il se jette dans le vide... (comme la photo à droite plus haut, quand vous avez fini dans le champ...). Ceci dit en passant, cette photo a été prise en juillet cet été, et non l'hiver comme vous l'avez sûrement pensé... C'est une photo en infrarouge alors les couleurs sont différentes (nous verrons ça lors d'une prochaine chronique)... Je suis certain que vous vous y êtes attardé car ça sort de l'ordinaire... Par contre, imaginez cette photo avec les couleurs normales... Ce serait probablement une photo sans intérêt.


Attendez la bonne lumière :














C'est la lumière qui forme l'image, qui donne la dimension à vos sujets et qui détermine le "feeling général" de la photo... Le même arbre, le même édifice ou la même personne peut paraître complètement différente selon l'éclairage.

Au lever et au coucher du soleil, ce dernier donne une lumière très «chaude» et dramatique. Cet éclairage très directionnel (de côté) donne une troisième dimension (la profondeur) aux photographies, ce qui n'est pas nécessairement vrai sur l'heure du midi, alors que le soleil est à son plus haut et éclaire tout d'en haut, avec une lumière beaucoup plus «bleue».

  Ci-dessus, vous voyez 2 photos semblables (j'aurais aimé prendre le même arbre dans 2 conditions
différentes, mais ce n'est pas le cas) prises à 2 heures différentes dans la journée. La deuxième photo de l'arbre est beaucoup plus plaisante, plus chaude et très dramatique.

Crédit photo : Yvon Lizée

La photo de ma fille à droite est une photo prise en fin de journée, pendant que le soleil est très bas à l'horizon (faites une ligne avec le bout de son nez et le bout de l'ombre de son nez, et ceci vous indiquera où était le soleil). Regardez aussi les détails dans le feuillage en arrière plan. Vous n'aurez jamais une aussi belle photo sur l'heure du dîner.

Voyez justement une photo prise à midi (à gauche). Le soleil est à son plus haut et donc, éclaire les gens directement sur le dessus de la tête. Voyez comment le nez et les joues sont «lavées» et aussi, le plus désagréable, comment l'ombrage descend directement vers le bas. Comme les yeux sont toujours plus renfoncés dans le visage, ils tombent dans l'ombre et ça donne un effet ressemblant à des lunettes de raton-laveur. De plus, le cou est plein d'ombre en provenance de la tête et les épaules sont trop éclairées... Un portrait pas très flatteur pour le sujet.

Je ne dis pas de ne jamais prendre de photos sur vos heures de dîner, je dis seulement que la lumière ne sera pas à son meilleure pour certaines photos. Cherchez l'ombre ou utilisez le flash pour «remplir les ombres» (nous verrons ça dans la prochaine chronique : Le Flash).


Coupez ! :

À moins de photographier un petit bonhomme vert venu de Mars, tout le monde sait bien qu'une personne normalement constituée possède 2 bras et 2 jambes. Nous ne sommes pas obligés de les montrer à chaque fois... Déjà que la plupart de nos photos seront imprimées en 4x6 (ce qui n'est pas très grand), tentez donc de maximiser le plus possible l'espace disponible... Coupez ! Allez chercher les émotions ou les expressions dans le visage... Les gens ne sont pas fous, ils devineront le reste...

Pour couper, vos choix sont infinis, mais, en plus de continuer à respecter les autres règles, comme la règle des tiers, ne coupez pas dans les articulations humaines... Coupez dans l'avant-bras, dans les cuisses, dans la tête, mais ne coupez pas dans les coudes, les poignets, les épaules, les jointures, etc. Regardez par exemple la première photo de la chronique, avec l'arbre... j'ai voulu couper le coude, alors je l'ai coupé en bas de l'épaule et dans l'avant bras. Regardez toutes les autres photos de cet article, je ne coupe aucune articulation, jamais.


Encadrez votre photo :

Oui, vous pouvez acheter un cadre pour mettre votre photo, mais ici quand je parle d'encadrer votre photo, je parle de ce qu'il y a en avant ou en arrière de votre sujet principal pendant la composition de votre pose.

Dans les photos de ce paragraphe, j'utilise un intérieur de glissoire, un tube en tissu pour jouer ou une roue de tracteur comme cadrage. Attention de ne pas utiliser des objets trop texturés ou avec trop de détails (comme un mur plein de graffitis), car l'attention de vos «lecteurs» sera portée là et non sur votre sujet.

Mixez le tout avec un vrai cadre en bois ou en plastique de la même couleur que la couleur dominante dans votre photo pour un résultat qui attirera l'attention à coup sûr dans votre salon.

Pour ceux qui auraient le goût de m'écrire pour me dire que la photo avec la roue de tracteur ne respecte pas la règle des tiers (le sujet est centré), regardez comme il faut...



La roue du tracteur est coupée en haut et en bas, aux tiers de sa taille réelle. Nous ne voyons donc que le tiers central... Ensuite, pour le sujet au centre, c'est correct si les 2 côtés de la photo sont identiques (on appelle ça une symétrie). Dans ce cas, l'oeil est attiré vers le centre très rapidement.


La règle la plus importante : Amusez-vous !

Oui, il y a des règles, des façons de faire, des techniques, des marches à suivre... mais après tout, c'est aussi pour le plaisir que l'on prend des photographies et souvent, c'est juste pour nous, pas pour montrer à tout le monde...

Ne vous imaginez pas que vous n'êtes pas un bon photographe si vous n'arrivez pas à faire une belle photo à tous les coups... Sachez que même un professionnel qui fait de la photo depuis 20 ans ne gardera en moyenne qu'une photo sur 20... Alors pas de panique ! De plus, n'oubliez jamais que certaines photos qui «semblent ratées» peuvent devenir très bonne si on va n'en chercher qu'une petite partie, que l'on agrandira par la suite (recadrage).

Il vaut mieux avoir quelques photos plus ou moins bonne d'un événement important plutôt qu'aucun photo du tout. Si vous débutez en photographie ou si vous voulez faire des tests afin d'obtenir la meilleure photo du monde, commencez par en prendre une ou deux en mode automatique et ensuite, amusez-vous. Vous aurez toujours le loisir de vous défaire de vos photos les moins bonnes au profit des plus belles.

Finalement, à l'occasion, tentez d'ajouter à votre photo un élément qui vous rappellera toujours le moment de votre vie où elle a été prise. C'est bien de marquer la date en arrière d'une photo (de toutes façon, votre caméra le fait pour vous, elle marque dans le fichier de votre photo, tous les détails (date, heure, vitesse, ouverture, flash, etc. (nous verrons ça dans une autre chronique))) mais parfois, certains objets, notes ou personnes vous rappeleront exactement le moment et le lieu d'une photographie... En fait, un «souvenir», ça ne devrait pas idéalement servir à se souvenir ?


2e partie : L'EXPOSITION

Note : Cette partie est très technique, j'ai tenté de la vulgariser au maximum et vous pouvez la lire pour le plaisir, mais vous ne ferez pas de moins belles photos si vous ne savez pas ça. Si vous utilisez un appareil qui offre des modes automatiques (voir chronique 1), tout ça se fait tout seul, sauf en mode «Tout manuel».

Je pourrais facilement passer 3 chroniques sur ce sujet car c'est la base de la photographie, mais je ne le ferai pas... La majorité d'entre vous ne voudront pas apprendre ça et c'est correct, car avec les appareils automatiques aujourd'hui, tout se calcul tout seul. Par contre, c'est bon de faire un survol très rapide et vulgarisé juste pour comprendre le principe même de la photographie, comment ça fonctionne... Probablement que ça vous aidera à trouver pourquoi parfois, vos photos sont trop claires ou trop sombres...

Je l'ai déjà dit, pour faire une photo, tout ce que ça prend c'est de la lumière et un support (un film ou un capteur numérique). Par contre, ça prend EXACTEMENT un quantité quelquonque de lumière (selon la situation). Comme c'est difficile à imaginer dans sa tête, une "quantité de lumière précise", je vais vous le faire comprendre par le biais d'une comparaison.

Prenons donc comme exemple, un verre d'eau (de taille normale)... Disons que le fait de «Remplir COMPLÈTEMENT le verre d'eau en EXACTEMENT 5 secondes» sera l'équivalent de «Faire une photo parfaitement exposé» (donc, pas trop sombre, pas trop claire)...

Pour cette comparaison, voici les similitudes : L'ouverture du diaphragme (voir chronique no 1) sera la grosseur du tuyau du robinet. La vitesse d'obturation (voir chronique no 1) sera le débit d'eau (si on ouvre le robinet juste un peu ou au maximum).


Si on veut remplir un verre d'eau de taille moyenne en exactement 5 secondes, on a plusieurs choix :

Si le robinet a un très petit tuyau : il faudra ouvrir le débit d'eau au maximum pour réussir à remplir le verre en 5 secondes...

Avec un robinet de taille moyenne : il faudra ouvrir le robinet environ de moitié pour remplir le verre en 5 secondes...

Enfin, avec un très gros tuyau : il faudra à peine ouvrir le robinet pour remplir le verre dans les 5 secondes...

En photographie, c'est pareil...

Si on ouvre très peu le diaphragme, il faudra laisser entrer la lumière plus longtemps (donc, une vitesse d'obturation plus lente) pour avoir une photographie correctement exposée. Si on ouvre la diaphragme plus grand, on fera entrer plus de lumière, alors il faudra exposer moins longtemps, enfin, si on ouvre le diaphragme au maximum, nous aurons besoin d'un temps d'exposition très rapide.

Mais comment sait-on combien de lumière nous avons besoin ? Il y a des bases mais nous n'entrerons pas là-dedans. La caméra possède une cellule électronique qui juge de la lumière et c'est elle qui décide. Dans la chronique du mois passé, nous avons vu que si vous choisissez une vitesse, la caméra choisira automatiquement l'ouverture (et vice-versa). Mais c'est toujours bon de savoir comment ça fonctionne...

Exemple :

Votre caméra juge que pour prendre une belle photo de votre fille dans la balançoire, elle doit ouvrir le diaphragme à F11 et exposer le film pendant 1/250e de seconde. À partir de là, vous vous posez vos questions (voir chronique 1) et vous faites un choix : Vous voulez une pose plus rapide (disons 1/1000e de seconde) pour geler le mouvement, alors vous passez en mode SPEED (S ou Tv) et vous choisissez 1000 : vous venez de réduire de 2 crans la lumière (de 1/250e à 1/500e, vous avez perdu le double de la lumière, et de 1/500e à 1/1000e, vous en avez encore perdu le double, donc 4 fois moins de lumière...). Votre caméra (ou vous, si vous êtes en mode TOUT MANUEL) devez donc trouver un moyen de donner 4 fois plus de lumière à votre caméra... vous le ferez donc en ouvrant le diaphragme aussi de 2 crans : Vous étiez à F11, alors en ouvrant à F8 vous aurez 2 fois plus de lumière, et en ouvrant encore à F5.6, encore 2 fois plus, plus un total de 4 fois plus...). Votre photo sera donc correctement exposée, mais à une vitesse plus rapide que ce que la caméra vous avait proposé (en résumé, si vous coupez d'un bord, vous devez augmenter de l'autre...).

Attention, si vous coupez la lumière dans les 2 cas (exemple, vous allez 2 fois plus vite et vous fermez le diaphragme de 2 crans) vous aurez 16 FOIS MOINS DE LUMIÈRE, ce qui vous donnera une photo beaucoup trop sombre... C'est comme si vous aviez pris un petit tuyau pour remplir votre verre, et que vous n'aviez presque pas ouvert le robinet... vous auriez rempli votre verre d'eau en 80 secondes au lieu de 5...



Inversement, si vous ouvrez au maximum votre robinet, sur un tuyau de borne fontaine, vous remplirez votre verre en 1/125e de seconde au lieu de 5... Éclaboussures assurée ! (Dans le cas de votre photo, ce sera une photo beaucoup trop blanche).

Enfin, oui, il y a encore beaucoup plus de théorie que ça (vitesses ISO de votre film (ou capteur), etc. mais nous n'entrerons pas là-dedans, car c'est un peu trop poussé pour le cadre de cette série de chroniques.



Relire la chronique no 1 - no 2 - no 3 - no 4 - no 5

Stephane Vallieres
Photographe